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jeudi 10 septembre 2009
GLOBI
Qui était donc Globi ? Manifestement, Pink Floyd n’en avait rien à foutre, et d’ailleurs c’est sans penser à Globi qu’ils ont mixé la version stéréo d’Interstellar Overdrive avec des allers-retours panoramiques assez drôles à écouter au casque. Mais ne nous éparpillons pas : Globi est (ou était) une perruche multicolore du premier mignon, dont le sourire coquin orne en ce moment une vingtaine d’affiches dans mon quartier, car Globi a disparu, et ses propriétaires cherchent à remettre la main dessus. J’ai été noyé dans une immense tristesse en lisant cette affiche : bien entendu j’imaginais le drôlatique animal sous une roue de voiture, ou bouffé par les rats, caillassé par des mécréants ; puis j’imaginais la gamine de huit ans, avec des couettes et respirant la santé, toute joufflue, pleurant l’absence de son Globi d’amour. Un cœur brisé. C’en était trop, c’était intolérable, il fallait faire quelque chose, intervenir, entreprendre de grands travaux pour la recherche de Globi, afin qu’il puisse retrouver son doux foyer qui lui est sans doute une province et beaucoup davantage : tous les moyens possibles auraient dû, selon moi, être déployés. « Si ça arrivait à votre fille, hein Mame Chazal ? » dirait le nain cocu. Et puis il faut bien dire qu’avec un nom tel que Globi, on ne peut que ressentir une infinie sympathie pour l’animal. Il va de soi que le même volatile, prénommé Anastase, n’aurait suscité chez moi qu’un banal « bien fait pour sa gueule ». Mais là non. Là, c’est de Globi qu’on parle. Néanmoins j’aimerais bien coller à côté des affiches de Globi des posters d’un dobermann sanguinaire se pourléchant les babines, avec en légende « Médor a retrouvé Globi ». Certes, m’objecteront les démocrates pro-dignité humaine, « on ne peut pas rire de tout », « et le chagrin des familles, qu’en fais-tu ? », « et la compassion, elle est où ? ». La réponse, prévisible mais ô combien méritée, serait invariablement un " dans ton cul " bien senti. Globi, mon ami, notre ami à tous, repose en paix.
lundi 28 avril 2008
lundi 21 avril 2008
mardi 26 février 2008
Le règne de la pornophobie
En réponse à " Gang Bang, la pornographie, bagne sexuel industriel" :
Isabelle Sorente est une c**** ; vous aussi.
Difficile d’extraire de ce délirant paquet de fantasmes autre chose que des élucubrations vomitives, paranoïaques, puritaines, relevant d’une rhétorique totalitaire et d’un niveau intellectuel à peu près aussi élevé que Gouines Acharnées Volume XII (un must).
Cet article repose sur quelques témoignages de suédois (« des dizaines » ! Wahou ! Bravo ! Quel travail d’enquête !), dont la portée éminemment individuelle est généralisée et universalisée de façon tout à fait malhonnête et perverse.
Les actrices pornos sont donc d’anciennes violées, victimes d’incestes, kidnappées à la sortie de leur Hôpital Psychiatrique par des criminels de guerre Serbes qui les droguent et les charcutent sans capote (non sans goûter leur sang et leur merde). Bravo ! Ca sent le travail sociologique de qualité. Chaque spectateur étant un « psychopathe » (sic.), un complice de ce « moderne » holocauste.
L’actrice porno est une espèce de gourde intersidérale, incapable de renoncer à son propre viol, qui feint d’aimer « ça », tout en le détestant intérieurement ; d’après les extralucides qui ont recueilli les confessions de quelques égarées. Dans cet article, l’actrice porno paraît totalement irresponsable : c’est son auteure qui les « animalise » et personne d’autre. On a envie de rétorquer que, les quelques suédoises qui n’aiment pas se faire fister n’ont tout simplement qu’à devenir couturières. Y a énormément de gens qui sont au chômage et qui font autre chose que de la pornographie. Les pornostars ne viennent pas forcément du lumpen-prolétariat, de l’immigration ou des bas-fonds de Sodome et Gomorrhe. L’ancien commissaire le dit lui-même : « Ce ne sont pas les mêmes filles dans le porno et dans la prostitution. » Ajoutons que si elles ont été filmées par la super réalisatrice de « Shocking Truth », c’est qu’elles n’étaient pas réduites en esclavage au fin fond d’une cave, non. Alexa Wolf n’avait aucun intérêt, vis-à-vis de son discours de connasse puritaine, à interviewer les actrices heureuses de leur boulot, ou du moins, suffisamment intelligentes pour quitter une industrie qui les torturerait. On pourrait, pour toutes professions, tous milieux, trouver des « dizaines » de victimes témoignant d’une exploitation violente.
Les témoignages sont décontextualisés et les témoins « victimisés » par le seul regard de la réalisatrice. Exemple : « J’ai peur de devenir rien », dit une actrice porno. Moi aussi, j’ai peur de devenir rien. Personne n’a envie de devenir rien. Quelle pertinence ! Comme si cet état d’âme avait quoi que ce soit à voir avec sa condition d’actrice porno. Sorente a très manifestement biaisé pour valider son hypothèse de départ au mépris de l’objectivité, hypothèse selon laquelle le porno est un holocauste. Personne de logique et de rationnel ne peut prendre ça au sérieux.
Recueillir trois témoignages négatifs sur la pornographie est une sinistre blague. On connaît d’innombrables témoignages positifs, de Coralie Trinh Ti à Ovidie, en passant par des connaissances personnelles ou n’importe quelle starlette du milieu. Ce n’est pas pour autant que l’on conclura que le porno est quelque chose de magnifique, un idéal grandiose et serein où éclatent les jouissances et s’empoignent les libidos. La grosse connerie, en somme, c’est de généraliser à partir de cas très particuliers. Je suis actrice porno, j’ai mal à la chatte, donc le porno fait mal à la chatte. Brillant !
Le fait que ce soit dans le cadre d’une réflexion sur la liberté d’expression dans la pornographie montre que la réalisatrice avait un point de vue bien déterminé qui a conduit toute la progression de sa pseudo-enquête.
L’auteure de l’article revient trois fois sur l’idée que toute « l’horreur du porno » serait masquée par le montage, et que les scènes de saignement et de « viol » seraient coupées et occultées. Ah ah ! Rêve-t-elle d’un porno en plan séquence où la caméra tourne non-stop du début à la fin de la pénétration ? Elle, pourtant, ne s’est pas privé de monter et d’assembler des scènes fort disparates pour donner de la force à sa démonstration. En masquant, d’ailleurs, les cas où le porno est simplement joyeux et serein… Elle démonte elle-même sa propre manipulation, c’est fort !
Une effusion de sang ne démontre pas qu’il y a « torture », notons-le tout de même ! De même qu’avoir de la merde sur la capote…
« Femme-trou », dit-elle… Que de considération pour les actrices ! Nous aussi, on pourrait hurler à la « déshumanisation »… La géniale Isabelle Sorente nous dit : « Même si c’est dérangeant, il faut vous rappeler que ce sont des personnes humaines qui se cachent derrière les actrices porno ». On le savait, ma cocotte. C’est d’ailleurs le fait que les actrices soient humaines qui rend le porno attrayant : si c’étaient des poupées gonflables, elle peut être sûre que personne ne regarderait ces films. Ce sont d’ailleurs des actrices : A-C-T-R-I-C-E-S, c’est-à-dire qu’elles jouent un rôle, que leurs cris sont simulés, que parler de « viol » est donc de la manipulation pure et simple, et même de la diffamation.
Femme-trou, donc : qu’il est mesquin de réduire l’ouvrier à son outil de travail… Comme si l’artisan était un homme-main, l’intellectuel un homme-cerveau, etc. Cela dit, Sorente est une femme-c***e, et sa c***erie est manifestement son outil de travail. Bien sûr, certains films pornos utilisent effectivement la violence. Les pornos hardcore ou SM, par exemple. Or, rappellons à l’auteure qu’une actrice qui ne veut pas tourner dans un film SM dispose de la liberté de dire « non ». Ca brise sans doute ses préjugés sur les femmes, mais il y en a qui aiment recevoir des bleus et en jouir. Le sado-masochisme est un désir très fréquent et tout à fait légitime au même titre qu’un autre. Il en va de même pour la zoophilie, thématique franchement mineure revenant souvent tel un repoussoir, qui n’est pas intrinsèquement une pratique traumatisante.
« Candidates au viol collectif »… Toute femme ayant été violée hurlerait de rire en lisant les associations trompeuses véhiculées par l’article, qui assimile les jeux pornos à d’authentiques tortures. Révisionnisme, quand tu nous tiens… D’ailleurs comme il a été fait remarqué, un certain nombre d’actrices pornos ont déjà été violées (y voir un lien de cause à effet est néanmoins très contestable ; le viol est présent dans tous milieux, toutes professions), l’hypothèse selon laquelle elles voudraient revivre leur viol ne tient pas. Il paraît plus simple et moins insultant pour elles de s’interroger du côté du catharsis liée à la simulation, l’image/sexualité. Voir même, de concevoir cette possibilité, plus fréquente qu'on ne le dit, qu'elles n'en aient pas été traumatisées. Notons juste que Sorente n’a pas tenu à poursuivre sa réflexion (?) sur le sujet.
Les gros traits, les phrases chocs et émotives semblent préférables. Parmi elles, une perle : « ne pas penser qu'un être humain, doté du même corps fragile que votre soeur ou votre mère, soit pénétré à la chaîne, saigne, s'effondre, soit marqué à vie, permet de mieux apprécier le spectacle ». Notre sœur ! notre mère ! La façon de nous prendre à parti est d’une finesse digne de Blanche fesse et les sept mains (autre must). Faire intervenir la petite famille et convoquer l’enfance permet de sentimentaliser et d’irrationnaliser un propos, on appelle cela l’hystérie. C’est d’ailleurs la rhétorique de tous les conservatismes : « Et si c’était votre petite sœur qui s’était faite écraser par un chauffard, vous seriez pas pour la peine de mort ? ». Si nos sœur et mères devenaient actrices pornos, suçaient des pines à la chaîne, berçaient en leur vagin des cars entiers de touristes serbes, nous serions les derniers à les en empêcher. Sous quel droit nous en autoriserions nous ? Les saignements et les évanouissements, dans le cas de Cookie ou le témoignage de Raffaëlla Anderson, nous appelons ça des accidents, dont le milieu pornographique n’a pas le monopole ; admettons qu’un artisan se coupe, personne ne s’indignera contre sa profession pour autant.
Autre pépite hilarante : « Qui a besoin d'elle en particulier quand il y en a tant d'autres ? Si elle meurt, à qui manquera-t-elle ? Qui portera son deuil ? Qui s'en inquiétera si elle disparaît ? Qui est-elle ? Elle n'est personne. » Une actrice porno n’a donc aucune vie en dehors de leur boulot ? Ni famille ni ami ? Actrice porno : serait-ce une espèce autarcique se développant à côté de l’humanité ? Selon Sorente et Mac Kinnon, oui : l’espèce des sous-femmes.
Et les hommes alors ? On en entend très peu parler, ils n’intéressent pas l’auteure, ils ne semblent rien ressentir de la « violence » des rapports sexuels. Nouveau parti pris douteux. Les mecs tous des salauds insensibles et les filles toutes des victimes (ce discours est-il sensé être une méconnaissance totale de la masculinité, ou au contraire des femmes?)! Un producteur nous éclaire : « En fait, les hommes doivent pouvoir agir comme des machines ». Forcément : ce sont des acteurs, tout est une question de technique, de mécanique. Il est du reste important de souligner que les acteurs pornos sont souvent moins bien traités que les actrices – notamment dans leur salaire.
Personne ne niera qu’il y a des abus dans le milieu pornographique. Appeler au renforcement des syndicats, à la surveillance des conditions de travail, paraît bien plus pertinent que les compulsions hystériques de Sorente. On pourrait gloser longtemps sur l’irrationalité rhétorique, sur l’insupportable moralisme, sur l’abject conservatisme, sur la mystique de l’horrible vérité dévoilée aux naïfs « bourreaux » que nous sommes (« Shoking truth », disent-elles…). Cet article est nul et non avenu. D’ailleurs, l’auteure s’en est rendu compte : elle a complètement (et très piteusement) mutilé son article après la salve de roquettes de Bazooka qu’elle s’est prise pour le faire devenir une pâle et circonspecte critique des dérives du « gonzo » (le porno hardcore ultraviolent)… C’en était fini des formules choc et des trémolos à la « J’accuse » sur les « candidates au viol collectif ». Dans un gigantesque mouvement d’autocensure de sa bêtise, Isabelle Sorrente a opéré des coupes sombres à toutes les lignes, tel un pornographe qui cache les scènes de saignement et d’évanouissement de ses actrices par un odieux montage… Qu’elle reste dans son bagne à elle : le puritanisme.
Isabelle Sorente est une c**** ; vous aussi.
Difficile d’extraire de ce délirant paquet de fantasmes autre chose que des élucubrations vomitives, paranoïaques, puritaines, relevant d’une rhétorique totalitaire et d’un niveau intellectuel à peu près aussi élevé que Gouines Acharnées Volume XII (un must).
Cet article repose sur quelques témoignages de suédois (« des dizaines » ! Wahou ! Bravo ! Quel travail d’enquête !), dont la portée éminemment individuelle est généralisée et universalisée de façon tout à fait malhonnête et perverse.
Les actrices pornos sont donc d’anciennes violées, victimes d’incestes, kidnappées à la sortie de leur Hôpital Psychiatrique par des criminels de guerre Serbes qui les droguent et les charcutent sans capote (non sans goûter leur sang et leur merde). Bravo ! Ca sent le travail sociologique de qualité. Chaque spectateur étant un « psychopathe » (sic.), un complice de ce « moderne » holocauste.
L’actrice porno est une espèce de gourde intersidérale, incapable de renoncer à son propre viol, qui feint d’aimer « ça », tout en le détestant intérieurement ; d’après les extralucides qui ont recueilli les confessions de quelques égarées. Dans cet article, l’actrice porno paraît totalement irresponsable : c’est son auteure qui les « animalise » et personne d’autre. On a envie de rétorquer que, les quelques suédoises qui n’aiment pas se faire fister n’ont tout simplement qu’à devenir couturières. Y a énormément de gens qui sont au chômage et qui font autre chose que de la pornographie. Les pornostars ne viennent pas forcément du lumpen-prolétariat, de l’immigration ou des bas-fonds de Sodome et Gomorrhe. L’ancien commissaire le dit lui-même : « Ce ne sont pas les mêmes filles dans le porno et dans la prostitution. » Ajoutons que si elles ont été filmées par la super réalisatrice de « Shocking Truth », c’est qu’elles n’étaient pas réduites en esclavage au fin fond d’une cave, non. Alexa Wolf n’avait aucun intérêt, vis-à-vis de son discours de connasse puritaine, à interviewer les actrices heureuses de leur boulot, ou du moins, suffisamment intelligentes pour quitter une industrie qui les torturerait. On pourrait, pour toutes professions, tous milieux, trouver des « dizaines » de victimes témoignant d’une exploitation violente.
Les témoignages sont décontextualisés et les témoins « victimisés » par le seul regard de la réalisatrice. Exemple : « J’ai peur de devenir rien », dit une actrice porno. Moi aussi, j’ai peur de devenir rien. Personne n’a envie de devenir rien. Quelle pertinence ! Comme si cet état d’âme avait quoi que ce soit à voir avec sa condition d’actrice porno. Sorente a très manifestement biaisé pour valider son hypothèse de départ au mépris de l’objectivité, hypothèse selon laquelle le porno est un holocauste. Personne de logique et de rationnel ne peut prendre ça au sérieux.
Recueillir trois témoignages négatifs sur la pornographie est une sinistre blague. On connaît d’innombrables témoignages positifs, de Coralie Trinh Ti à Ovidie, en passant par des connaissances personnelles ou n’importe quelle starlette du milieu. Ce n’est pas pour autant que l’on conclura que le porno est quelque chose de magnifique, un idéal grandiose et serein où éclatent les jouissances et s’empoignent les libidos. La grosse connerie, en somme, c’est de généraliser à partir de cas très particuliers. Je suis actrice porno, j’ai mal à la chatte, donc le porno fait mal à la chatte. Brillant !
Le fait que ce soit dans le cadre d’une réflexion sur la liberté d’expression dans la pornographie montre que la réalisatrice avait un point de vue bien déterminé qui a conduit toute la progression de sa pseudo-enquête.
L’auteure de l’article revient trois fois sur l’idée que toute « l’horreur du porno » serait masquée par le montage, et que les scènes de saignement et de « viol » seraient coupées et occultées. Ah ah ! Rêve-t-elle d’un porno en plan séquence où la caméra tourne non-stop du début à la fin de la pénétration ? Elle, pourtant, ne s’est pas privé de monter et d’assembler des scènes fort disparates pour donner de la force à sa démonstration. En masquant, d’ailleurs, les cas où le porno est simplement joyeux et serein… Elle démonte elle-même sa propre manipulation, c’est fort !
Une effusion de sang ne démontre pas qu’il y a « torture », notons-le tout de même ! De même qu’avoir de la merde sur la capote…
« Femme-trou », dit-elle… Que de considération pour les actrices ! Nous aussi, on pourrait hurler à la « déshumanisation »… La géniale Isabelle Sorente nous dit : « Même si c’est dérangeant, il faut vous rappeler que ce sont des personnes humaines qui se cachent derrière les actrices porno ». On le savait, ma cocotte. C’est d’ailleurs le fait que les actrices soient humaines qui rend le porno attrayant : si c’étaient des poupées gonflables, elle peut être sûre que personne ne regarderait ces films. Ce sont d’ailleurs des actrices : A-C-T-R-I-C-E-S, c’est-à-dire qu’elles jouent un rôle, que leurs cris sont simulés, que parler de « viol » est donc de la manipulation pure et simple, et même de la diffamation.
Femme-trou, donc : qu’il est mesquin de réduire l’ouvrier à son outil de travail… Comme si l’artisan était un homme-main, l’intellectuel un homme-cerveau, etc. Cela dit, Sorente est une femme-c***e, et sa c***erie est manifestement son outil de travail. Bien sûr, certains films pornos utilisent effectivement la violence. Les pornos hardcore ou SM, par exemple. Or, rappellons à l’auteure qu’une actrice qui ne veut pas tourner dans un film SM dispose de la liberté de dire « non ». Ca brise sans doute ses préjugés sur les femmes, mais il y en a qui aiment recevoir des bleus et en jouir. Le sado-masochisme est un désir très fréquent et tout à fait légitime au même titre qu’un autre. Il en va de même pour la zoophilie, thématique franchement mineure revenant souvent tel un repoussoir, qui n’est pas intrinsèquement une pratique traumatisante.
« Candidates au viol collectif »… Toute femme ayant été violée hurlerait de rire en lisant les associations trompeuses véhiculées par l’article, qui assimile les jeux pornos à d’authentiques tortures. Révisionnisme, quand tu nous tiens… D’ailleurs comme il a été fait remarqué, un certain nombre d’actrices pornos ont déjà été violées (y voir un lien de cause à effet est néanmoins très contestable ; le viol est présent dans tous milieux, toutes professions), l’hypothèse selon laquelle elles voudraient revivre leur viol ne tient pas. Il paraît plus simple et moins insultant pour elles de s’interroger du côté du catharsis liée à la simulation, l’image/sexualité. Voir même, de concevoir cette possibilité, plus fréquente qu'on ne le dit, qu'elles n'en aient pas été traumatisées. Notons juste que Sorente n’a pas tenu à poursuivre sa réflexion (?) sur le sujet.
Les gros traits, les phrases chocs et émotives semblent préférables. Parmi elles, une perle : « ne pas penser qu'un être humain, doté du même corps fragile que votre soeur ou votre mère, soit pénétré à la chaîne, saigne, s'effondre, soit marqué à vie, permet de mieux apprécier le spectacle ». Notre sœur ! notre mère ! La façon de nous prendre à parti est d’une finesse digne de Blanche fesse et les sept mains (autre must). Faire intervenir la petite famille et convoquer l’enfance permet de sentimentaliser et d’irrationnaliser un propos, on appelle cela l’hystérie. C’est d’ailleurs la rhétorique de tous les conservatismes : « Et si c’était votre petite sœur qui s’était faite écraser par un chauffard, vous seriez pas pour la peine de mort ? ». Si nos sœur et mères devenaient actrices pornos, suçaient des pines à la chaîne, berçaient en leur vagin des cars entiers de touristes serbes, nous serions les derniers à les en empêcher. Sous quel droit nous en autoriserions nous ? Les saignements et les évanouissements, dans le cas de Cookie ou le témoignage de Raffaëlla Anderson, nous appelons ça des accidents, dont le milieu pornographique n’a pas le monopole ; admettons qu’un artisan se coupe, personne ne s’indignera contre sa profession pour autant.
Autre pépite hilarante : « Qui a besoin d'elle en particulier quand il y en a tant d'autres ? Si elle meurt, à qui manquera-t-elle ? Qui portera son deuil ? Qui s'en inquiétera si elle disparaît ? Qui est-elle ? Elle n'est personne. » Une actrice porno n’a donc aucune vie en dehors de leur boulot ? Ni famille ni ami ? Actrice porno : serait-ce une espèce autarcique se développant à côté de l’humanité ? Selon Sorente et Mac Kinnon, oui : l’espèce des sous-femmes.
Et les hommes alors ? On en entend très peu parler, ils n’intéressent pas l’auteure, ils ne semblent rien ressentir de la « violence » des rapports sexuels. Nouveau parti pris douteux. Les mecs tous des salauds insensibles et les filles toutes des victimes (ce discours est-il sensé être une méconnaissance totale de la masculinité, ou au contraire des femmes?)! Un producteur nous éclaire : « En fait, les hommes doivent pouvoir agir comme des machines ». Forcément : ce sont des acteurs, tout est une question de technique, de mécanique. Il est du reste important de souligner que les acteurs pornos sont souvent moins bien traités que les actrices – notamment dans leur salaire.
Personne ne niera qu’il y a des abus dans le milieu pornographique. Appeler au renforcement des syndicats, à la surveillance des conditions de travail, paraît bien plus pertinent que les compulsions hystériques de Sorente. On pourrait gloser longtemps sur l’irrationalité rhétorique, sur l’insupportable moralisme, sur l’abject conservatisme, sur la mystique de l’horrible vérité dévoilée aux naïfs « bourreaux » que nous sommes (« Shoking truth », disent-elles…). Cet article est nul et non avenu. D’ailleurs, l’auteure s’en est rendu compte : elle a complètement (et très piteusement) mutilé son article après la salve de roquettes de Bazooka qu’elle s’est prise pour le faire devenir une pâle et circonspecte critique des dérives du « gonzo » (le porno hardcore ultraviolent)… C’en était fini des formules choc et des trémolos à la « J’accuse » sur les « candidates au viol collectif ». Dans un gigantesque mouvement d’autocensure de sa bêtise, Isabelle Sorrente a opéré des coupes sombres à toutes les lignes, tel un pornographe qui cache les scènes de saignement et d’évanouissement de ses actrices par un odieux montage… Qu’elle reste dans son bagne à elle : le puritanisme.
Par Atreides et Marquis de Contreculture
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