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samedi 14 juin 2008

Qu'Est-Ce Que Ça Peut Faire



Jusqu'atteindre la transparence
Dans l'insatisfaisante itin-érrance
Des pensées dépensées
Écouter les tremblements
Des rames polies du métro
Qui ne mènent nulle part
Et transpercent le ciel épais


Combler le vide à tout prix


Les reflets d'indifférence
Sur les vitres délavées
Du sanctuaire des mots
Se déchirent, se déchiffrent à la longue
Langues passagères sucrées
Lèvres entrouvertes étrangères
Couvertures de baisers


Combler le vide à tout prix


Et l'attente du pire
Qui ne sera jamais plus douce
Que la bouche qui crache
Mon inaptitude à accepter le silence
Le va et vient des corps dénué de sens
La chair se résume en ombres
Disparates et défigurées


Combler le vide à tout prix

jeudi 29 mai 2008

Boys Dont Cry



Derrière moi les souvenirs
Devant la vie qui fuit
Dernière ligne droite avant l’extinction
Aux alentours des jeunes gens
À vif
À cran
Qui s’écoutent et s’affrontent
Qui se caressent et se mutilent
Quand la musique crache
À perte
Armée
Amère
Des mots manipulateurs
Des corps tombés enlacés
Des images récurrentes
Attirantes
À saisir
Autres
Restent arrimées à la mémoire
Recouvertes de cendres blanches
Relevant leurs empreintes
Amours blessées
Amours niées
Âme ou ramage.

lundi 26 mai 2008

Autumn Almanac



Je m’émerveille à l’automne sans visage
Des rafales violentes, des richesses du rivage
Dans des rues tranquilles, usée de sommeil
Les rails se brisent et tous sens les éveillent
Chemins de fer désaffectés
Pour des senteurs de menthe et de mensonge
L’air se froisse, papier de soie, de songe
Mélangé à l’élégance de désirs inattendus
Et de ce léger décalage évidemment voulu
S’abandonner, abandonner
L'alcool brûlant rouge-sang qui fait l’ébriété
Les terrains vagues, les herbes folles oubliées
Sur le damier temporel la partie est perdue
Ses figures s’effraient d’énigmes irrésolues
Malgré leurs aspects satinés…

samedi 5 avril 2008

Right Between the Eyes

[ La peau du vent G.Penone]

Je voudrais avant tout, pérenniser le provisoire, l’éphémère, le peu de chose, tous les petits riens dont nous ne soupçonnons pas l’essentialité dans notre société de profusion et de consommation: les sourires, les frôlements, les fragments de pensées, les petits gestes, les petits mots.
Pour vérifier si ce que je ressens a une réalité, il me faut aller vers les autres sans retenue ni orgueil pour qu’ils me confient d’infimes secrets, leurs temps intermédiaires, pour comprendre l’enchantement de la fragilité, les préserver comme un cadeau et repérer dans ce désordre, la concordance.
Jusqu’à oublier d’être, pour être plus encore, traverser les genres, voyager d’un moi à un autre en défiant et refusant les catégories, du laid au beau, du jeune au vieux, du vécu au fantasmé. Les miroirs brisés renvoient des éclats épars pour pouvoir recomposer un vitrail où scintillent de minuscules chimères et disparaissent les bulles de savons, les instants de vie.

mercredi 27 février 2008

Summer 68



Pourtant le pouvoir me fait horreur.
Par soucis de s’écarter des modèles convenus , il faudrait s’inventer une autre famille, une autre histoire, dans des divagations délicieusement inquiétantes et des temporalités multiples, s’embobiner des univers parallèles, s’immerger dans un milieu aqueux, la vision troublées par les remous et s’échafauder des emboîtements vertigineux!
Il faudrait explorer des situations choquantes, regarder sous les jupes des filles ou à la serrure du vestiaire des garçons, transgressions banales, à l’aube de la frustration, de la sublimation, de l’amour, du sexe et du suicide.
Il faudrait atteindre au rituel et essayer de changer d’harmonies gustatives, chaque jour, pour consommer de nouvelles aventures, de celles qui ne se maintiennent pas au carrefour du trivial, là où les idées de bienséance convergent pour se rassurer dans des miroirs connus.
Des aventures qui permettraient de rester sur la crête de l’existence avec des convictions inédites malgré le risque d’abîmes.
Que veut dire exister?
Est-ce explorer jusqu’à la folie?
Est-ce esquisser des sourires devant les rencontres, les étonnements et les détours?
Vivre la vérité du sentir, du ressentir?
Mais où cela se passe-t-il?
Ni dans l’avenir, ni dans le passé, ni dans la réalité, ni dans mon imaginaire, uniquement dans un espace de jeu espéré.
Quand je serai un jeune homme je ferais cette expérience, brusquement comme un réel direct, confrontée à la rugosité de la matière à façonner qui jusqu’à présent s’esquive des trajectoires clefs de ma vie.
Embrassements tendres où chaque frémissement, chaque levée de geste seraient une note, un accord, une sonorité qui viendrait desceller et déceler la sourde résonance, la parfaite raisonnance...
Je me frayerais un chemin, en instaurant mes propres jaillissements, pour ne pas simplement faire partie du monde, mais y être présente!


« On ne peux exister qu’à l’avant de soi, sinon on est dans l’habitude et être habitué à soi c’est être mort. »